Steve

Steve

J’aurais simplement aimé la serrer dans mes bras.

Steve a appris le 2 novembre 2013 qu’il était atteint d’une leucémie lymphatique aiguë. Il était allé aux urgences parce qu’il avait un mal de ventre effroyable, et son état empirait à vue d'œil. À l’hôpital, un stagiaire lui a dit que ce n’était probablement qu'une broutille et qu’il pourrait rentrer chez lui le soir même. Mais rien n’était moins vrai. Le diagnostic est tombé quelques heures plus tard : leucémie, dans sa forme la plus aiguë. Un mois avant, Steve et son amie avaient acheté un terrain. Ils s’apprêtaient à faire construire. Et maintenant, il devait appeler ses parents pour leur annoncer qu’il avait le cancer.

Steve a suivi le conseil de ses amis et a consulté le professeur Zachée, un hématologue. Une ponction de moelle osseuse a révélé que 75 % des cellules cancéreuses se nichaient dans la moelle osseuse. Une fois le type de leucémie déterminé, il s’est rapidement avéré que Steve aurait sans doute besoin à terme d’une transplantation de cellules souches. On s’est donc mis sans tarder à la recherche d'un donneur.

Les chimiothérapies ont commencé à s’enchaîner. Steve est resté en chambre stérile pendant une longue période. De temps en temps, il pouvait passer une journée à la maison. Pour son 30e anniversaire, par exemple. Après six mois, il a rechuté : la chimio qu’il avait suivie jusqu’à présent n’était apparemment pas assez puissante. Le professeur Zachée a décidé de passer à la chimiothérapie la plus lourde. Pas la moindre cellule cancéreuse ne devait subsister. C’était plus ou moins la dernière chance de Steve. Nouvelle ponction de moelle osseuse 8 à 10 jours plus tard, et le résultat était là : les cellules cancéreuses avaient disparu. Le traitement, lourd, pouvait reprendre. Plusieurs irradiations ont suivi, faisant des ravages à l’intérieur de son corps.

Ensuite est venu le moment où il a eu besoin de cellules souches. Impossible d’utiliser ses propres cellules souches. Steve n’avait ni frère, ni sœur. Le salut n’a donc pas pu venir de la famille directe. Le professeur Zachée s’est tourné vers le registre belge des donneurs de moelle osseuse: d’abord au niveau belge, puis international. Une correspondance de 80 % a d’abord pu être trouvée (une transplantation est possible à partir de ce pourcentage). La poursuite des recherches a permis de découvrir une correspondance de 90 % avec une dame allemande. Les cellules souches ont été administrées à Steve le 11 juin 2014. 

Il y a toutefois eu rejet. Steve a souffert de graves problèmes à l’estomac, aux intestins et à la peau. Ce fut le début d’une période marquée par une lourde médication et une prise massive de cortisone. Il ne parvenait plus à manger et devait être nourri par intraveineuse. Steve ne pesait plus que 51 kg, alors qu’il en faisait 73 auparavant.

En août 2014, Steve a pu rentrer chez lui, mais il n’en avait pas pour autant fini avec les médicaments et la cortisone. Fin août, nouveau rejet et nouvelle hospitalisation de trois mois. En décembre, retour à la maison. Avant sa maladie, Steve courait le ‘10 Miles’. Désormais, il devait aller se coucher 10 minutes après avoir monté un escalier. La cortisone a été progressivement réduite et, en 2015, il a pu reprendre le travail. Trois jours par semaine, c’est vrai.

Le 11 juin 2016, Steve a épousé son amie Freya, deux ans jour pour jour après avoir reçu les cellules souches. Un pur hasard, mais malgré tout un beau concours de circonstances. 

Depuis, Steve se sent mieux. Il travaille maintenant en 4/5. Il prend toujours médicaments et cortisone, étant donné que les doses doivent être réduites petit à petit. Mais il s’en sort très bien. Steve a encore reçu une petite carte d’Allemagne, écrite à la main par la dame qui lui a sauvé la vie avec ses cellules souches. Elle lui souhaitait bon courage et bon rétablissement. Steve lui a renvoyé une carte pour la remercier. « J’aurais simplement aimé la serrer dans mes bras, mais malheureusement, je ne pouvais pas savoir qui c’était. »